Antoine Leiris - Vous n'aurez pas ma haine

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190 pages

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre dernier assassinée au Bataclan. Alors que le pays était endeuillé, à la recherche de mots pour dire l'horreur, il publiait sur les réseaux sociaux une lettre destinée aux terroristes intitulée Vous n'aurez pas ma haine. Dans celle-ci, il promettait à ces « âmes mortes » de ne pas leur accorder sa haine ni celle de leur fils de dix-sept mois, Melvil. Son message fait le tour du monde. Accablé par la perte, Antoine Leiris, journaliste de 34 ans, n'a qu'une arme : sa plume. L'horreur, le manque et le deuil ont bouleversé sa vie. Mais, à l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre, il nous dit que malgré tout, la vie doit continuer. C'est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu'il nous offre dans ce témoignage poignant.

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Je ne pense pas que je pourrais écrire un avis comme je le fais d’habitude. Cette chronique doit être différente. Nous ne pouvons pas passer à côté d’événement aussi marquant et se dire, c’est le mal de notre époque. Je ne suis pas vraiment d’accord. Au fond c’est vrai nous sommes assez égoïstes quand les événements ne nous touchent pas mais pourtant des épisodes tragiques comme celui-ci où même ceux qui ont suivi nous ont rapprochés. Alors qu’on soit bien d’accord je ne cautionne pas ces actes horribles mais la télévision nous a tellement poussé à penser que cet événement était le mal du siècle que ça le dénaturalise. Ce n’est que mon avis, je pense surtout que les médias ont surchargé les informations pour nous faire penser à cela tous les jours et nous rendre tous malheureux. Mais Antoine Leiris a totalement raison, on ne doit pas avoir de haine pour eux, ni même de peur ce serait une sorte de reconnaissance vis-à-vis d’être qui ne le sont pas au final. Je ne veux pas rentrer dans le débat ‘terroriste’ ici mais pour moi ce ne sont pas des humains. En se concentrant sur cet acte de résistance parce que oui après ces événements on peut considérer cela comme un acte de résistance parce qu’on ne se soumet pas à cette dictature de terreur.

Je pense que pendant tout le livre je me suis prise d’affection pour ce père à qui on a arraché l’amour de sa vie. Cet homme qui doit maintenant s’occuper d’un bébé de 17 mois. Je trouve qu’il a eu raison de s’exprimer et de ne pas faire comme à l’après-guerre où tout le monde doit se taire. Ce n’est pas du voyeurisme au contraire c’est un devoir de mémoire. On n’en prend pas pleinement conscience maintenant parce qu’on est directement impliqué mais dans 10, 20 même 40 ans on s’en rappellera et on se dira heureusement qu’il y a eu des résistants à ces actes pour nous raconter ce qui s’est passé.. On sent qu’Antoine Leiris à ce besoin de mémoire il a besoin que son Hélène subsiste malgré tout et c’est une très belle preuve d’amour autant que le devoir de mémoire. Lui voulait juste que sa femme reste en vie, comment peut-on savoir quand le niveau de douleur extrême est atteint ? Quand on ne vit que pour son fils, qu’on prend son rythme qu’on ne lui montre pas qu’on souffre. Je trouve cet homme très fort justement encore plus aujourd’hui, c’est un témoignage qu’on ne peut pas mettre de côté parce qu’il raconte sans raconter dans le sens où il n’a pas été présent mais qu’il a été une victime collatérale. Ce livre est même plus susceptible d’être lu parce qu’il n’y a pas toute l’horreur du Bataclan mais il y a pire, reconstruire l’après Bataclan.

En clair : J’ai trouvé ce récit très poignant, ça a réveillé le devoir de mémoire que nous devons tous avoir. Nous ne devons rien oublier et surtout ne pas avoir peur !

 

 

Témoignage

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